
Gale, poux, parasites digestifs… L’été est propice aux petits envahisseurs. Heureusement, une simple téléconsultation permet d’obtenir une ordonnance pour éviter qu’ils ne gâchent les vacances.
Souvent invisibles à l’œil nu, mais bien tenaces, les parasites peuvent vite transformer vos congés en véritable galère. Le tout est de savoir les reconnaître pour pouvoir les traiter à temps. Dans bien des cas, une téléconsultation suffit à poser le diagnostic et débuter un traitement adapté.
Qu’est-ce qu’un parasite ?
Un parasite est un organisme qui vit aux dépens de son hôte (humain ou animal) sans lui apporter de bénéfice. En plus de puiser dans ses ressources, il peut provoquer des symptômes pénibles, voire des complications s’il n’est pas traité. Il peut être interne (intestin, sang) ou externe (peau, cuir chevelu). L’été favorise leur prolifération en raison de la promiscuité, des déplacements, des baignades, de l’eau contaminée, des balades en pleine nature, ou parfois d’un manque d’hygiène.
Les parasites les plus fréquents en été
Certains parasites sont particulièrement actifs pendant la saison estivale, les occasions d’exposition ne manquent pas. Voici les principaux parasites de l’été, classés du plus fréquent au plus rare.
1- Les poux
Ils sont à craindre surtout chez les enfants, en particulier s’ils partent en colonie de vacances, vont au centre aéré, au mini-club, ou vivent en tribu (camping, fratrie nombreuse, etc.). Ce qui favorise leur propagation, c’est clairement la vie en collectivité. Alors évidemment, pendant les vacances, les poux ont de quoi se régaler…
Les symptômes sont caractéristiques : grattage du cuir chevelu et petites lentes visibles à la base des cheveux.
Les poux ne sont pas dangereux, mais ils sont tenaces. Il faut traiter à la fois la tête et les textiles.
Le traitement repose sur l’application d’un produit antipoux, suivi d’un peignage minutieux avec un peigne fin, à renouveler après 7 à 10 jours.
2- La gale
Quand on parle de la gale, on imagine qu’elle ne touche que les personnes sans-abri ou les gens très sales. Et pourtant, on estime qu’elle concerne au moins 1 personne sur 10 au cours de sa vie. Elle touche tous les milieux, même bourgeois.
Cette infection, causée par un acarien microscopique (Sarcoptes scabiei), est très contagieuse. Elle se transmet par contact prolongé peau à peau, ou via des vêtements et draps contaminés. Elle est d’ailleurs souvent assimilée à une IST. En été, on peut l’attraper lors d’un rapport sexuel, mais aussi en dormant dans des draps contaminés lors d’un bivouac par exemple.
Les symptômes commencent par des démangeaisons intenses, avec des petits boutons entre les doigts et sur les côtés des doigts, surtout la nuit. Puis les signes s’étendent : poignets, fesses, abdomen…Ces manifestations peuvent devenir insupportables.
Elle nécessite un traitement antiparasitaire à appliquer sur tout le corps. Tous les proches doivent également être traités, même sans symptômes. Un traitement oral peut aussi être prescrit.
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3- Les parasites intestinaux (giardia, amibes, oxyures…)
Les parasites intestinaux comme la giardia, les oxyures ou les amibes sont généralement contractés lors de voyages, ou à la suite d’une exposition à de l’eau contaminée, notamment à l’étranger ou dans certaines zones rurales.
À noter : les amibes ne sont pas, à proprement parler, des parasites, mais elles sont souvent assimilées à des parasitoses digestives. Elles peuvent aussi, plus rarement, provoquer des atteintes oculaires graves, notamment au niveau de la conjonctive ou de la cornée (kératite).
Les symptômes d’une parasitose intestinale ou d’une amibiase sont souvent similaires : diarrhée persistante, ballonnements, douleurs abdominales, parfois fatigue ou perte de poids.
Une analyse de selles peut être nécessaire pour identifier l’agent responsable et adapter le traitement.
4- Les aoûtats
Les aoûtats sont des larves d’acariens présentes dans l’herbe, les jardins ou les prairies, particulièrement actives entre juillet et septembre. On peut facilement s’y exposer en marchant dans l’herbe haute, en jardinant ou simplement lors d’un pique-nique.
Les symptômes sont typiques : l’apparition de boutons rouges très prurigineux, souvent localisés sur les chevilles, les cuisses ou à l’arrière des genoux, juste après une exposition. La gêne peut durer plusieurs jours.
Ce n’est pas grave, mais c’est souvent très inconfortable. Un traitement local par crème apaisante, antihistaminique ou dermocorticoïde léger permet de soulager rapidement les démangeaisons.
5- Des parasites présents dans le sang (toxoplasmose, leishmaniose)
Certaines parasitoses sanguines ou intracellulaires, comme la toxoplasmose et la leishmaniose, sont plus rares, mais peuvent être contractées lors de voyages ou dans certaines zones du sud de la France.
- La toxoplasmose est provoquée par un protozoaire, Toxoplasma gondii. Elle se transmet par la consommation de viande mal cuite, ou le contact avec des excréments de chat. Souvent asymptomatique ou responsable de légers symptômes grippaux, elle peut être dangereuse pendant la grossesse, car elle expose le fœtus à des complications graves. Dans ce cas, un traitement antiparasitaire spécifique est prescrit sous surveillance médicale.
- La leishmaniose, elle, est causée par un autre protozoaire, transmis par les piqûres de phlébotomes, de petits moustiques présents dans certains pays tropicaux et, plus rarement, dans le sud de la France. Elle peut se manifester par des lésions cutanées chroniques, ou sous une forme viscérale, beaucoup plus grave. Le traitement dépend de la forme et doit être prescrit par un médecin spécialisé.
Quand téléconsulter ?
Si vous présentez :
- Des démangeaisons persistantes (surtout la nuit).
- Des lésions rouges inhabituelles ou mal localisées.
- Une diarrhée qui dure plus de 3 jours.
- Des symptômes après un voyage à l’étranger surtout en cas de fièvre.
Une téléconsultation peut permettre un diagnostic, surtout si vous transmettez une photo des lésions, et déboucher sur :
- Une ordonnance de traitement antiparasitaire.
- Des examens à faire en laboratoire si besoin.
- Des conseils d’hygiène ou de prévention.
Prévention : les bons réflexes
- Éviter les contacts rapprochés prolongés avec une personne infestée (gale, poux…).
- Laver régulièrement les draps, vêtements, bonnets ou serviettes à 60 °C.
- Porter des chaussures fermées dans l’herbe haute pour limiter le risque d’aoûtats.
- Ne pas boire l’eau du robinet dans certains pays ou régions à risque.
- Bien laver les fruits et légumes, si possible avec du vinaigre d’alcool.
- Cuire suffisamment les aliments à risque comme la viande ou les produits animaux.
- Respecter la chaîne du froid et les dates de péremption en été.
- Se laver les mains fréquemment, surtout en voyage et avant les repas.
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Sources médicales :
Uzun S, Durdu M, Yürekli A, et al. Clinical practice guidelines for the diagnosis and treatment of scabies. Int J Dermatol. 2024;63(12):1642-1656.
European guideline for the management of scabies — guide européen pour la prise en charge de la gale
Bernigaud C, Fischer K, Chosidow O. The Management of Scabies in the 21st Century: Past, Advances and Potentials. Acta Derm Venereol. 2020;100(9):adv00112. Published 2020 Apr 20.
Giardiasis (StatPearls) — fiche médicale sur la giardiose : épidémiologie, symptômes, traitement.