
L’endométriose a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Et pour cause, elle concerne environ 10% des femmes. Qu’est-ce que l’endométriose ? Comment la reconnaître ? Quelles sont les conséquences au quotidien ? Quelles solutions existent ? Les réponses.
Douleurs intenses pendant les règles, troubles de la fertilité… Alors qu’elle est particulièrement difficile à vivre, l’endométriose a été pendant longtemps ignorée.
Les retards de diagnostics sont encore trop fréquents. Face à ces constats, les autorités de santé publique se sont enfin mobilisées tandis que les médias mettent en lumière la maladie.
Définition : qu’est-ce que l’endométriose ?
L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire chronique souvent invalidante. Elle peut être responsable de douleurs parfois intenses, de fatigue, mais aussi de troubles de la fertilité.
Elle se définit par la présence, en dehors de l’utérus, de fragments de tissu endométrial. Les cellules de l’endomètre migrent vers d’autres organes où elles forment des lésions, des cicatrices, ainsi qu’une réaction inflammatoire.
Les lésions créées sont sensibles aux hormones féminines (les œstrogènes). Pour cette raison, les manifestations évoluent avec le cycle menstruel : le plus souvent, les douleurs sont accrues pendant les règles.
La maladie affecte la femme en âge de procréer (de la puberté à la ménopause).
Si vous pensez souffrir d’endométriose, réalisez au plus vite une téléconsultation.
Une maladie aujourd’hui prise en considération
Le Ministère de la Santé a lancé en 2022 une stratégie nationale de lutte contre cette maladie qui touche entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en âge de procréer.
L’Assurance Maladie a aussi mené une campagne de sensibilisation.
Si l’endométriose n’est pas intégrée dans la liste des Affections de Longue Durée (ALD 30), un accès à la prise en charge à 100 % au titre de l’ALD 31 (affection hors liste des 30 ALD) est possible pour les formes très invalidantes.
Quels organes sont touchés ?
Les lésions de l’endométriose peuvent atteindre plusieurs organes du péritoine, de la région abdominale et pelvienne.
L’intensité des symptômes n’est corrélée ni à la quantité ni à la profondeur des lésions. Certaines femmes ont des lésions très étendues et sont asymptomatiques (ou presque). Inversement, beaucoup de femmes ont peu de lésions et témoignent considérablement souffrir de la maladie.
- Organes les plus souvent touchés : utérus (nous parlons d’adénomyose), ovaires, trompes de Fallope, ligaments utérins, rectum, jonction entre le rectum et le sigmoïde…
- Organes plus rarement affectés : côlon, intestin grêle, col de l’utérus, vagin, vulve, paroi abdominale interne, vessie, uretères…
Encore plus rarement, il est possible de retrouver des lésions sur les poumons ou la plèvre.
Si vous pensez souffrir d’endométriose, réalisez au plus vite une téléconsultation.
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Cause : à quoi est due l’endométriose ?
Plusieurs théories tentent d’expliquer le mécanisme de la présence des cellules endométriales en dehors de l’utérus.
Le déclenchement de la maladie serait multifactoriel.
3 théories possibles :
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De petits fragments de l’endomètre se détachent pendant les règles et pourraient remonter par les trompes de Fallope vers les ovaires jusque dans la cavité utérine, au lieu d’être éliminés par voie vaginale et rejetés à l’extérieur du corps avec les règles (menstruations rétrogrades).
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Les cellules de l’endomètre sont transportées vers un autre endroit par le sang ou les vaisseaux lymphatiques.
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Des cellules situées en dehors de l’utérus se transforment en cellules endométriales.
Dans tous les cas, nous avons remarqué que l’intensité des symptômes est souvent calquée sur les fluctuations hormonales.
Une maladie multifactorielle
Les causes de l’apparition de la maladie demeurent mystérieuses. Au final, elle serait sans doute multifactorielle. Plusieurs pistes ont été identifiées :
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Une prédisposition génétique de développer la maladie ;
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Une anomalie mécanique au niveau du col utérin ;
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Une réponse immunitaire inadéquate (auto-immune ou post-virale) ;
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Des anomalies sur le plan hormonal.
Si vous pensez souffrir d’endométriose, réalisez au plus vite une téléconsultation.
Quelles femmes sont à risque ?
La maladie est plus probable chez les femmes qui présentent les caractéristiques suivantes :
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ont eu leur premier enfant après l’âge de 30 ans ;
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n’ont jamais eu d’enfant ;
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ont eu leurs premières règles à un âge précoce ;
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ont des cycles menstruels courts et des règles abondantes ;
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présentent des anomalies structurelles de l’utérus.
En revanche, cette probabilité d’avoir de l’endométriose est diminuée chez les femmes utilisant une contraception orale faiblement dosée.
Si vous pensez souffrir d’endométriose, réalisez au plus vite une téléconsultation.
Quels sont les symptômes de l’endométriose ?
L’endométriose peut être asymptomatique. Néanmoins, le plus souvent, elle se traduit par des douleurs et/ou des troubles de la fertilité. Dans ce cas de figure, le diagnostic est posé lors d’un bilan d’infertilité.
Voici une liste des symptômes évocateurs d’une endométriose :
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douleurs dans le ventre, le bas-ventre et les lombaires, plus intenses au moment des menstruations.
Ces douleurs peuvent être la conséquence des lésions mais aussi des adhérences fibreuses et cicatricielles qui peuvent se développer dans les organes affectés.
Les douleurs sont difficilement calmées par le paracétamol et l’ibuprofène.
Elles ont tendance à s’aggraver au fil du temps. -
douleurs au moment des rapports sexuels (dyspareunies) ;
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douleurs en urinant ou lors de la défécation ;
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présence de sang dans les urines (hématurie) ou dans les selles : c’est le signe qu’il y a des lésions dans la vessie ou dans le rectum.
Autres symptômes possibles :
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une grande fatigue ;
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un syndrome dépressif ;
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un ventre gonflé ;
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des douleurs des membres inférieurs.
Comment évolue l’endométriose ? Quelles complications ?
L’endométriose est une maladie chronique dont les symptômes ont tendance à s’aggraver avec le temps.
Néanmoins, lorsqu’elle est correctement prise en charge, les douleurs s’atténuent.
Dans tous les cas, l’endométriose disparaît après la ménopause.
Pendant la grossesse, l’endométriose peut devenir inactive temporairement ou parfois de façon définitive.
Des complications sont possibles, telles que :
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l’apparition d’adhérences qui peuvent gêner le fonctionnement des organes ;
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un pneumothorax (si la maladie affecte la plèvre) ;
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une infertilité.
Si vous pensez souffrir d’endométriose, réalisez au plus vite une téléconsultation.

Comment est établi le diagnostic ?
Si vous pensez être atteinte d’endométriose, parlez-en à votre médecin traitant ou directement à votre gynécologue.
Vous pouvez opter pour une téléconsultation si vous ne souhaitez pas vous déplacer.
Les symptômes mettent le médecin sur la voie.
Deux examens d’imagerie permettent de confirmer ou d’infirmer le diagnostic et sont prescrits en première intention :
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L’échographie abdomino-pelvienne : réalisée par voie endovaginale par un professionnel spécialisé dans la recherche des lésions d’endométriose.
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L’IRM : qui permet de déterminer le nombre et l’emplacement des lésions d’endométriose.
Lorsque ces tests sont négatifs et que les symptômes persistent malgré un traitement bien conduit, le médecin prescrit un test salivaire Ziwig Endotest® à réaliser à domicile. Ce test permet de caractériser l’expression de multiples biomarqueurs dans le cadre du diagnostic de l’endométriose.
Enfin, si ce test n’est pas concluant, une coelioscopie à visée diagnostique est prescrite en dernière intention.
Des examens complémentaires permettent ensuite de localiser plus précisément les lésions (coloscanner, écho-endoscopie rectale…).
Attention : dans la majorité des cas, le diagnostic de la maladie est tardif (en moyenne 7 ans après le début des symptômes).
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Quels sont les traitements de l’endométriose ?
Si l’endométriose ne cause pas de douleurs, un traitement n’est pas indispensable.
Pour atténuer les douleurs liées à l’endométriose, le médecin peut prescrire des antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens ou antalgiques plus puissants si nécessaire).
Des anti-épileptiques ou des antidépresseurs peuvent aussi être prescrits à visée antalgique.
Un traitement hormonal en première intention
En première intention, le médecin choisit le plus souvent d’arrêter les règles pour atténuer les douleurs.
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En première ligne, une contraception œstroprogestative ou un stérilet hormonal sont envisagés ;
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En seconde ligne, une contraception microprogestative au désogestrel ou un implant contraceptif sont proposés.
L’acétate de chlormadinone (Lutéran®) n’est plus proposé, n’étant plus commercialisé.
Les analogues de la gonadolibérine (GnRH) en seconde intention
Ces médicaments empêchent la production d’hormones gonadotropes et provoquent un arrêt des règles.
Ils sont prescrits sur une durée de 3 à 6 mois.
L’intervention chirurgicale parfois nécessaire
Dans les cas d’endométriose sévère (lorsque les douleurs sont résistantes aux traitements et/ou que l’infertilité est installée), le médecin peut proposer une intervention chirurgicale.
Cette chirurgie a pour objectif de détruire ou de retirer les lésions d’endométriose.
Dans la majorité des cas, elle est réalisée sous coelioscopie.
Néanmoins, si les lésions sont profondes ou étendues, une laparotomie (ouverture de la paroi de l’abdomen) peut être nécessaire.
Si vous pensez souffrir d’endométriose, réalisez au plus vite une téléconsultation.
Endométriose et désir de grossesse
L’endométriose peut entraîner une baisse de la fertilité voire une infertilité. Il est possible de bénéficier d’un bilan de fertilité, complété si besoin par un programme de soins adapté. Un suivi renforcé est prévu lors des grossesses. Une aide à la procréation médicalement assistée (PMA), ou assistance médicale à la procréation, peut être nécessaire pour obtenir une grossesse.
Si vous pensez souffrir d’endométriose, réalisez au plus vite une téléconsultation.