
Manque d’entrain, envie de dormir, prise de poids… La dépression saisonnière est un cercle vicieux dont il est parfois difficile de se sortir. Mais comment reconnaître ce trouble de l’humeur ? Quand faut-il consulter ? Et quels traitements peuvent aider à s’en libérer ? Voici les réponses.
La dépression saisonnière est une forme de dépression “classique” qui a pour particularité de se déclencher pendant la saison hivernale, lorsque le temps est maussade et que la luminosité diminue.
La cause principale ? Le manque de lumière naturelle, qui perturberait l’équilibre hormonal et les neurotransmetteurs impliqués dans la régulation de l’humeur.
Si vous avez l’impression de “replonger” chaque hiver ou de ne pas réussir à retrouver votre énergie, mieux vaut consulter un psychologue ou un psychiatre.
La dépression saisonnière, aus
Définition : le trouble affectif saisonnier (TAS)
La dépression saisonnière, aussi connue sous le nom de trouble affectif saisonnier (TAS), est définie par le National Institute of Mental Health (NIMH). Elle se caractérise par une humeur dépressive récurrente à certaines périodes de l’année, le plus souvent en automne ou en hiver, avant de disparaître spontanément en été.
Ce trouble de l’humeur s’explique par une altération de la production de mélatonine (hormone du sommeil) et de sérotonine (hormone du bien-être), directement liée à la réduction de la lumière du jour et aux conditions météorologiques.
Les symptômes sont ceux d’une dépression “classique” — tristesse, manque d’entrain, baisse de motivation — mais avec quelques spécificités hivernales :
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une tendance à trop dormir (hypersomnie),
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une prise de poids liée à une envie accrue de sucres et de féculents,
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et une fatigue persistante malgré le repos.
Et que dit la psychiatrie ?
Dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, référence internationale en psychiatrie), la dépression saisonnière est considérée comme un sous-type de la dépression majeure.
Elle est classée sous le diagnostic des troubles dépressifs majeurs avec spécification saisonnière.
La dépression saisonnière peut également survenir dans le cadre d’un trouble bipolaire, sous forme d’épisodes dépressifs saisonniers, parfois en alternance avec des épisodes maniaques ou hypomaniaques.

Dépression hivernale… et estivale !
Nous avons tendance à associer la dépression saisonnière à la saison hivernale.
Or, ce trouble de l’humeur peut aussi se déclencher au printemps ou en été : on parle alors de dépression estivale.
Dans ce cas, les symptômes sont inversés par rapport à ceux de la dépression hivernale :
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Agitation,
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Perte de poids,
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Idées noires voire suicidaires…
Pour certains psychiatres, la dépression estivale évoque parfois un épisode mixte dans le cadre du trouble bipolaire (c’est-à-dire présentant des symptômes maniaques et dépressifs simultanés).
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Quels sont les symptômes de la dépression saisonnière ?
Les symptômes sont similaires à ceux d’une dépression classique, avec quelques particularités liées à la saison :
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Tristesse, manque d’entrain ;
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Perte d’intérêt pour des activités autrefois agréables ;
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Fatigue excessive et manque d’énergie ;
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Nonchalance, laxisme ;
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Sentiment d’épuisement psychologique ;
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Difficulté à se lever le matin ;
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Somnolence diurne (hypersomnie) ;
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Prise de poids, souvent liée à une consommation accrue de féculents et sucreries ;
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Irritabilité ;
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Difficultés de concentration et troubles de l’attention ;
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Découragement ;
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Idées noires voire pensées suicidaires.
Quelles sont les causes de la dépression saisonnière ?
Les causes exactes de la dépression saisonnière ne sont pas encore entièrement comprises.
Cependant, le manque d’exposition à la lumière naturelle semble jouer un rôle déterminant.
En hiver, les journées plus courtes, le ciel gris et le fait d’être souvent à l’intérieur provoquent un déficit de lumière.
Résultat : le rythme circadien est perturbé, tout comme la production de mélatonine (hormone du sommeil) et de sérotonine (hormone du bien-être).
Ajoutons que le manque de soleil peut entraîner une carence en vitamine D.
Or, la vitamine D joue un rôle important dans la production de sérotonine au niveau du système nerveux central, ce qui influe directement sur l’humeur.
D’autres facteurs biopsychosociaux peuvent également contribuer :
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Antécédents familiaux de troubles de l’humeur ;
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Parcours de vie difficile ou événements marquants (perte, isolement, stress chronique…).
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Quels sont les traitements de la dépression saisonnière ?
Le traitement repose sur une approche globale, associant psychothérapie, luminothérapie, et parfois médicaments.
Des méthodes naturelles peuvent aussi apporter un soutien complémentaire.
Psychothérapie et médicaments
La prise en charge passe par une psychothérapie — analytique ou thérapie cognitivo-comportementale (TCC) — menée par un psychologue ou un psychiatre.
C’est ce professionnel qui pose le diagnostic et oriente vers le traitement le plus adapté.
Le médecin traitant ou le psychiatre peut prescrire :
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des antidépresseurs (notamment les ISRS, inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine),
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parfois des anxiolytiques,
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ou encore un stabilisateur de l’humeur en cas de trouble bipolaire ou de symptômes sévères.
La luminothérapie (ou thérapie par la lumière) est également très efficace.
Elle aide à réguler l’horloge biologique et à améliorer l’humeur, surtout en hiver.
Approches naturelles
Certaines méthodes complémentaires peuvent renforcer les effets des traitements classiques :
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Le millepertuis (Hypericum perforatum), plante utilisée en phytothérapie pour la dépression légère à modérée, peut être bénéfique. ⚠️ Toutefois, il interagit avec de nombreux médicaments, notamment les antidépresseurs ISRS : avis médical obligatoire avant usage.
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La méditation de pleine conscience (mindfulness) aide à réduire le stress, l’anxiété et la rumination mentale.
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D’autres approches peuvent également soutenir le moral :
hypnose, acupuncture, aromathérapie, fleurs de Bach, homéopathie, relaxation, yoga, sophrologie, bols tibétains, ou encore art-thérapie.
Comment prévenir la dépression saisonnière ?
Voici quelques conseils simples pour prévenir ou atténuer la dépression saisonnière :
- Bougez régulièrement : pratiquez une activité physique quotidienne, même légère.
- Supplémentez-vous en vitamine D : sur prescription médicale, une ampoule tous les 2 à 3 mois peut être recommandée.
- Exposez-vous à la lumière naturelle : sortez au moins 20 minutes par jour dès qu’il fait jour ; sinon, pensez à la luminothérapie.
- Gardez un rythme de sommeil régulier : horaires fixes et temps de repos suffisant.
- Adoptez une alimentation équilibrée : riche en oméga-3 et magnésium, favorable au moral.
- Entretenez votre vie sociale : voyez vos proches, sortez, et évitez l’isolement.