
Depuis fin juin 2025, il est possible d’obtenir des traitements contre l’obésité en téléconsultation. Une avancée majeure dans l’accès aux soins. Sur MaQuestionMedicale, cette possibilité s’accompagne d’un encadrement strict, d’un vrai suivi et d’un refus clair des prescriptions de complaisance.
Depuis le 23 juin 2025, la France a franchi un cap historique : pour la première fois, certains traitements médicamenteux sont officiellement autorisés pour la perte de poids, en dehors du cadre du diabète. Tous les médecins, y compris les généralistes, peuvent désormais les prescrire. Et ce, même en téléconsultation. Une révolution dans le parcours de soin, qui appelle néanmoins à la prudence.
Des antidiabétiques longtemps détournés de leur usage
Jusqu’à récemment, aucun médicament n’était spécifiquement autorisé pour traiter l’obésité. Certains traitements contre le diabète de type 2, comme Ozempic® (sémaglutide), étaient détournés pour favoriser la perte de poids. Ces molécules, de la classe des analogues du GLP-1, étaient à l’origine conçues pour réguler la glycémie.
Leur utilisation hors cadre officiel posait question. Les prescriptions étaient souvent faites sans autorisation de mise sur le marché (AMM) pour cette indication. En France, elles relevaient principalement de spécialistes (endocrinologues, diabétologues), mais certains généralistes y recouraient également dans un cadre parfois flou.
Des usages détournés à des fins esthétiques
À l’international, notamment aux États-Unis ou à Dubaï, l’accès à ces antidiabétiques était beaucoup plus souple. Des patients sans diabète et non obèses pouvaient s’en faire prescrire dans un but essentiellement esthétique.
La popularité massive de ces médicaments, relayée par des influenceurs sur les réseaux sociaux, a entraîné une banalisation de leur usage et des pertes de poids rapides, souvent hors de tout encadrement médical.
Aux États-Unis, certains professionnels de santé ont même observé une baisse significative du recours aux diététiciens.
Une pénurie devenue préoccupante pour les diabétiques
Cette explosion de la demande a provoqué une pénurie mondiale, notamment d’Ozempic®, mettant en difficulté les patients diabétiques pour qui ces médicaments sont indispensables. L’ANSM a dû rappeler les règles de bon usage et renforcer la surveillance des prescriptions.
Depuis juin 2025 : 3 médicaments contre l’obésité autorisés à tout médecin
L’ANSM a donné son feu vert à trois traitements spécifiquement destinés à l’obésité :
- Wegovy FlexTouch (sémaglutide) : il s’agit de la même molécule que celle utilisée dans Ozempic, destiné au traitement du diabète de type 2. Mais dans Wegovy, le dosage est plus élevé et la formulation est spécifiquement adaptée à la perte de poids.
- Mounjaro KWIKPEN (tirzépatide)
- Saxenda (liraglutide)
Ce sont les mêmes molécules que dans certains antidiabétiques, les analogues du GLP-1, mais ici utilisées à des dosages et indications adaptés à la perte de poids.
La nouveauté majeure est que ces médicaments peuvent être prescrits en primoprescription par n’importe quel médecin, y compris en médecine générale. Ils ne sont cependant pas remboursés par l’Assurance Maladie.
Téléconsultation : c’est désormais possible

Depuis cette réforme, la téléconsultation devient un mode de prescription autorisé pour ces traitements, à condition qu’elle respecte un cadre strict : un bilan médical complet, le respect des critères d’éligibilité, et la mise en place d’un suivi. Cette ouverture vise à améliorer l’accessibilité des soins tout en maintenant la rigueur médicale nécessaire.
Pour qui sont ces traitements contre l’obésité ?
Ces traitements sont strictement réservés aux personnes présentant :
- Un IMC ≥ 30 kg/m² (obésité). Avant juin 2025, en l’absence d’autorisation spécifique pour l’obésité, les analogues du GLP-1 pouvaient être prescrits uniquement dans le cadre d’un usage hors AMM, par des spécialistes (endocrinologues, diabétologues), et généralement réservés aux patients les plus sévèrement atteints, avec un IMC ≥ 35 kg/m².
- Ou un IMC ≥ 27 kg/m² avec au moins une comorbidité : diabète de type 2, hypertension, apnée du sommeil, dyslipidémie, etc.
Ils doivent être proposés en seconde intention, après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle et comportementale bien menée.
Wegovy et Saxenda sont également autorisés chez les adolescents de 12 ans et plus présentant une obésité et un poids supérieur à 60 kg.
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Comment agissent ces médicaments ?
Les analogues du GLP-1 ont une action multifactorielle :
- Réduction de l’appétit via une action sur le cerveau
- Ralentissement de la vidange gastrique, avec une sensation de satiété plus durable
- Stimulation de l’insuline, avec régulation de la glycémie
Les études montrent une perte de poids moyenne de 15 à 20 % du poids initial. Le traitement doit être interrompu s’il n’induit pas une perte d’au moins 5 % du poids au bout de trois mois.
Quels effets indésirables ?
Ces traitements ne sont pas anodins, en particulier en cas d’usage hors cadre ou sans accompagnement adapté :
- Nausées, vomissements, diarrhées, constipation
- Douleurs abdominales, troubles digestifs
- Risques plus rares : pancréatites, troubles biliaires, hypoglycémies
- Risque de dérive vers des troubles du comportement alimentaire, ou perte de poids trop rapide
Ils doivent toujours être associés à des mesures hygiéno-diététiques et à un suivi médical régulier.
Sur MaQuestionMedicale : une téléconsultation encadrée
Sur MaQuestionMedicale, il est possible d’obtenir ces traitements par téléconsultation, mais sous conditions rigoureuses :
- Aucune prescription automatique
- Pas de prescription de complaisance
- Un bilan médical complet est systématiquement réalisé
- Des conseils hygiéno-diététiques personnalisés sont proposés
- Un suivi médical est mis en place pour chaque patient
En résumé
La réforme du 23 juin 2025 permet pour la première fois l’accès à des traitements médicamenteux contre l’obésité, prescrits par tous médecins et via la téléconsultation. C’est une avancée majeure pour les personnes concernées, mais qui demande prudence, sérieux et accompagnement.
Sur MaQuestionMedicale, nous proposons une prise en charge sécurisée, responsable et humaine, en restant fidèles à notre mission : soigner sans tricher, sans danger, et avec bon sens.