Pilule contraceptive et cancer : quels sont les risques?

By 21 juin 2024 Articles médicaux

La pilule est-elle cancérigène ? Protège-t-elle de certains cancers? Quels cancers sont pointés du doigt ? Y a-t-il des femmes plus exposées ?  On vous dit tout.

Si certaines femmes ne veulent plus entendre parler de pilule hormonale, c’est parce qu’elles pointent un risque cancérogène ou de complications thromboemboliques veineuses et artérielles.

Qu’est-ce que la pilule contraceptive ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut rappeler que la pilule permet de ne pas tomber enceinte. Son effet contraceptif est procuré par les hormones féminines synthétiques qu’elle contient : les œstrogènes et/ou la progestérone.

C’est actuellement l’une des meilleures façons d’éviter des interruptions volontaires de grossesse. Il faut noter également que prendre la pilule du lendemain équivaut à un véritable tsunami hormonal, non sans risque, comparativement à la prise quotidienne de la pilule.

Les anciennes pilules dites pilules œstroprogestatives (COP) libèrent à la fois des hormones progestatives et des œstrogènes. Tandis que les pilules plus récentes dites pilules microprogestatives ne contiennent qu’une seule hormone progestative en quantité faible.

Les pilules qui contiennent des œstrogènes entraînent un risque de complications thrombo-emboliques veineuses et artérielles et d’accidents cardiovasculaires.  Elles sont donc contre-indiquées chez les femmes ayant des facteurs de risque ou des antécédents de maladies thrombo-emboliques ou cardio-vasculaires.

La pilule contraceptive augmente-t-elle vraiment le risque de cancer du sein ?

En 2005, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), a classé la pilule œstroprogestative parmi les produits cancérogènes du groupe 1 (ceux dont l’action est «certaine»). La pilule œstroprogestative augmenterait légèrement le risque de cancer du sein dans la population générale.

Ce risque de cancer du sein serait majoré avec une prise sur le long terme (période supérieure à 5 ans). Cependant, après 10 ans d’arrêt de son utilisation, le sur-risque disparaîtrait et le risque de cancer du sein rejoindrait le risque normal de survenue d’un cancer du sein chez les femmes n’ayant jamais pris de pilule.

Personnes à risque élevé de cancer du sein : peut-on prendre la pilule ?

Il existe un risque élevé de cancer du sein chez les femmes porteuses d’une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2. Cette anomalie regarderait 2 femmes sur 1000 (0.2% des femmes). Généralement, les médecins recherchent cette mutation chez les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein à titre préventif car le gène se transmet de mère en fille.

Néanmoins, une telle mutation ne représente pas une contre-indication à la prise d’une pilule contraceptive qu’elle soit œstroprogestative ou microprogestative. Cependant, il est vrai que beaucoup de médecins évitent de prescrire une pilule œstroprogestative dans ce contexte précis.

Antécédents de cancer du sein et pilules hormonales

Après un cancer du sein, il est formellement contre-indiqué de prendre une contraception hormonale. Une contraception non hormonale sera prescrite, telle que le stérilet en cuivre, le préservatif, ou encore en cas d’absence de désir de grossesse, discuter une stérilisation par ligature des trompes.

À noter que chez les femmes jeunes non ménopausées, il existe un risque de grossesse après le diagnostic de cancer du sein  (l’ovulation n’étant pas toujours complètement abolie par les traitements). Il est donc nécessaire de conserver une contraception pendant la chimiothérapie/hormonothérapie.

Pilule hormonale et cancer du col de l’utérus : y-a-t-il un lien ?

Les études du CIRC trouvent une corrélation statistique entre la prise de la pilule œstroprogestative (COP) sur le long terme et le risque de cancer du col de l’utérus.

Cependant, les études concernant l’augmentation du risque de cancer du col de l’utérus chez les femmes sous pilule œstroprogestative sont probablement biaisées par le fait que cette maladie est avant tout la conséquence d’une infection au papillomavirus (HPV) et à une possible moindre utilisation du préservatif qui reste la seule véritable barrière aux infections sexuellement transmissibles (IST).

La généralisation de vaccins contre les HPV responsables du cancer du col de l’utérus aura sans nul doute un impact positif sur ce risque.

En pratique, des antécédents familiaux de cancer du col de l’utérus ne représentent pas une contre-indication à la pilule hormonale.

Cancer du foie : la pilule augmenterait légèrement les risques

Enfin, toujours selon les conclusions du CIRC, l’utilisation à long terme de la pilule œstroprogestative ferait aussi légèrement augmenter le risque d’un type de cancer du foie appelé carcinome hépatocellulaire qui se développerait à partir d’un adénome.

Dans la mesure où ce cancer est exceptionnel (2 cas pour 100 000 femmes par an), l’influence de la pilule sur ce type de cancer est minime. Néanmoins, en cas de diagnostic d’adénome au foie (tumeur bénigne), les médecins peuvent décider d’arrêter la pilule contraceptive  pour la remplacer par une contraception sans hormone.

Pilule contraceptive : des effets protecteurs contre certains cancers

Si la pilule augmente le risque de certains cancers, il a été démontré qu’elle diminuait les risques d’autres cancers comme le cancer de l’ovaire, de l’endomètre et du côlon.

Par exemple, une grande étude épidémiologique américaine de 2018  montre que plus  la contraception orale dure longtemps, plus le bénéfice en termes de réduction des risques des cancers de l’ovaire et de l’endomètre est important.

D’autres travaux laissent entendre que la pilule pourrait également contribuer à réduire le risque de cancer colorectal. Ces résultats ne font cependant pas l’unanimité dans la communauté scientifique

En conclusion, la prise de la pilule protège contre certains cancers et augmente très faiblement le risque d’autres. Mais surtout, la pilule reste un moyen de contraception incontournable qui évite les IVG et les pilules du lendemain.

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