Qu’est-ce que la variole du singe et pourquoi se propage-t-elle ?

By 11 août 2022 août 13th, 2022 Articles - Publications
Variole du singe

Par Dr Jean Tafazzoli

Le virus qui cause la variole du singe a été découvert pour la première fois à la fin des années 1950, mais il a muté au cours des trois dernières années, ce qui lui a permis de se transmettre plus facilement entre  humains.

Les infections qui passent des animaux aux humains sont connues sous le nom de zoonoses. Certains d’entre elles ont également la capacité de passer d’humain à humain une fois qu’elles ont fait le saut d’une espèce à l’autre. 

D’où vient la variole du singe ?

La variole du singe a été identifiée pour la première fois en 1958 dans un laboratoire de Copenhague, au Danemark, lorsqu’elle a été découverte chez des singes, importés de Singapour quelques mois plus tôt.

Le premier cas chez l’homme n’a été signalé qu’en 1970, lorsqu’un garçon de neuf mois admis dans un hôpital de la République Démocratique du Congo s’est avéré infecté par le virus. Le garçon s’est remis de l’infection, mais il a malheureusement contracté la rougeole quelques jours plus tard et en est décédé.

Bien qu’il y ait probablement eu des cas humains avant cela où le virus n’a pas été identifié – elle provoque des lésions similaires à celles observées dans d’autres infections de type variole – il y a eu depuis des cas dans un certain nombre de pays africains, notamment avant la première épidémie aux États-Unis en 2003 lorsque 70 cas ont été signalés. On pense qu’à cette occasion, le virus a été introduit aux États-Unis par des chiens de prairie infectés.

Mais depuis mai 2022, une série de cas a été signalée aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Europe continentale et au Canada. L’origine exacte de cette dernière épidémie reste un mystère.

Comment la variole du singe se propage-t-elle?

La variole du singe ne se transmet pas facilement. Elle nécessite un contact physique étroit – généralement prolongé – pour passer d’une personne à l’autre ou d’un animal à l’autre. Entre avril et juin 2022, 98% des infections dans 16 pays concernaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, mais on ne sait pas pourquoi c’est le cas. Il pourrait s’agir d’une simple coïncidence – une fois qu’une maladie est introduite dans une communauté, elle a tendance à se propager au sein de cette communauté. Et il n’y a aucune preuve que la variole du singe traverse plus rapidement une population d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes que tout autre groupe. 

Bien que l’ADN du virus de la variole du singe ait été détecté dans le sperme par des chercheurs, cela ne signifie pas nécessairement que c’est ainsi qu’elle se propage. Le code génétique du virus de la variole du singe est un paquet d’informations génétiques enfermé dans une enveloppe de protéines et une membrane, qui attend un « hôte » pour se dupliquer. 

À quel point la variole du singe est-elle dangereuse ?

Une autre chose importante que vous devez savoir sur la variole du singe est qu’elle est très désagréable mais globalement bénigne. Le taux de mortalité de la souche actuelle est d’environ 1 %. Par rapport à la souche centrafricaine du virus de la variole du singe, la version ouest-africaine est généralement associée à une maladie plus bénigne et à moins de décès.

La période d’incubation, c’est à dire le temps entre l’infection et les premiers symptômes de la maladie varie entre 5 et 21 jours. Au début, cela commence par des maux de tête, de la fièvre, des douleurs musculaires et de la fatigue pendant les premiers jours. Une caractéristique distinctive du virus est l’inflammation des ganglions lymphatiques. Les éruptions cutanées ont tendance à apparaître quelques jours après l’apparition de la fièvre, mais cette dernière n’est pas systématique.

Quelle est l’efficacité des vaccins ?

La bonne nouvelle est que les vaccins développés contre la variole sont efficaces contre la variole du singe – peut-être jusqu’à 85 % d’efficacité.  Même s’il y a eu des mesures récentes pour détruire les stocks de vaccins contre la variole dans le monde, beaucoup de pays ont reconstitué leurs stocks, surtout les pays développés.

C’est peut-être l’aspect le plus décourageant de cette récente épidémie de la variole du singe. Nous connaissons la maladie depuis plus de 50 ans, mais ce n’est que lorsqu’elle s’est propagée en Amérique du Nord et en Europe que les gouvernements en dehors de l’Afrique ont semblé y prêter attention.

Comme Covid-19, la variole du singe est une épidémie qui s’est propagée des animaux à la population humaine. Compte tenu de l’évolution plutôt lente du nombre de contaminations et du fait que des vaccins sont disponibles pour prévenir l’infection, il est probable que cette épidémie de la variole du singe puisse être rapidement contenue.

Si vous présentez des symptômes évocateurs de cette maladie, vous pouvez prendre rendez-vous avec un médecin  en ligne et vous pourrez alors réaliser une téléconsultation et des réponses à toutes vos questions sur la variole du singe.  

Sources:

Site OMS monkeypox orthomixovirus variole du singe

Antinori A, Mazzotta V, Vita S, Carletti F, Tacconi D, Lapini LE, D’Abramo A, Cicalini S, Lapa D, Pittalis S, Puro V, Rivano Capparuccia M, Giombini E, Gruber CEM, Garbuglia AR, Marani A, Vairo F, Girardi E, Vaia F, Nicastri E; INMI Monkeypox Group. Epidemiological, clinical and virological characteristics of four cases of monkeypox support transmission through sexual contact, Italy, May 2022. Euro Surveill. 2022 Jun;27(22):2200421. doi: 10.2807/1560-7917.ES.2022.27.22.2200421. PMID: 35656836; PMCID: PMC9164671.

Reed KD, Melski JW, Graham MB, Regnery RL, Sotir MJ, Wegner MV, Kazmierczak JJ, Stratman EJ, Li Y, Fairley JA, Swain GR, Olson VA, Sargent EK, Kehl SC, Frace MA, Kline R, Foldy SL, Davis JP, Damon IK. The detection of monkeypox in humans in the Western Hemisphere. N Engl J Med. 2004 Jan 22;350(4):342-50. doi: 10.1056/NEJMoa032299. PMID: 14736926.

Di Giulio DB, Eckburg PB. Human monkeypox: an emerging zoonosis. Lancet Infect Dis. 2004 Jan;4(1):15-25. doi: 10.1016/s1473-3099(03)00856-9. Erratum in: Lancet Infect Dis. 2004 Apr;4(4):251. PMID: 14720564.