Prostate, testicules : mieux comprendre les cancers masculins

By 26 novembre 2024 septembre 21st, 2025 Articles médicaux

À l’occasion de Movember, MaQuestionMedicale fait le point sur les cancers de l’homme. Symptômes à surveiller, dépistage, prise en charge… : voici un petit tour d’horizon pour remettre les pendules à l’heure.

Le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. On estime qu’un homme sur huit développera un cancer de la prostate. Cette pathologie se développe le plus souvent après 65 ans (avec un âge moyen du diagnostic aux alentours de 75 ans). Des facteurs génétiques et environnementaux contribuent à expliquer son apparition. Les formes familiales de cancers de la prostate sont observées dans environ 20 % des cas.

Comment le reconnaître ?

Bien souvent, le cancer de la prostate passe inaperçu avec des symptômes discrets voire inexistants.
Il arrive que des troubles urinaires et des symptômes semblables à ceux de l’hyperplasie bénigne de la prostate poussent à consulter.

Il peut s’agir :

  • d’envies fréquentes d’uriner

  • de difficultés à uriner ou à vidanger sa vessie

  • de sang dans les urines

  • de douleurs dans le bassin

Comment le dépister ?

En France (tout comme à l’étranger), aucune autorité de santé ne recommande le dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) chez les hommes qui ne présentent pas de symptômes.
Néanmoins, même sans symptôme, un homme peut souhaiter faire un dépistage du cancer de la prostate.

Pour faire ce dépistage, le médecin généraliste ou urologue prescrit une prise de sang pour obtenir le dosage de PSA, une protéine produite par la prostate présente dans le sang.
Un toucher rectal permet aussi de détecter un éventuel nodule sur la prostate.

Si des anomalies sont détectées lors de ces deux examens, cela ne veut pas systématiquement dire que le patient présente un cancer de la prostate.
Des examens complémentaires doivent alors être réalisés (échographie, IRM et biopsie).

À l’inverse, un taux de PSA et un toucher rectal normaux n’excluent pas complètement un cancer de la prostate.

À quels traitements s’attendre ?

Le pronostic du cancer de la prostate est bon, surtout lorsque le cancer est encore localisé.
Un cancer peu avancé et peu agressif ne nécessite pas forcément de traitement : une simple surveillance peut suffire, car beaucoup de cancers de la prostate n’évoluent pas ou peu.

En revanche, il arrive que le cancer de la prostate nécessite des soins.
Le traitement est d’emblée mis en route et il diffère d’une personne à l’autre, faisant appel aux moyens thérapeutiques suivants associés selon le type de cancer :
chirurgie ablative, radiothérapie, hormonothérapie et éventuellement chimiothérapie.

Le cancer du testicule

Le cancer du testicule est peu fréquent. Il touche le plus souvent l’homme jeune entre 15 et 40 ans. Néanmoins, il arrive que ce cancer affecte des hommes plus âgés, même après 50 ans. Ce cancer est de bon pronostic, même si les traitements sont plus ou moins lourds.

La chirurgie ablative du testicule malade (orchidectomie) est généralement pratiquée d’emblée. Une prothèse de remplacement est alors posée. Cette chirurgie est sans conséquence sur la vie sexuelle et la fertilité. La chimiothérapie (parfois lourde) et la radiothérapie peuvent ensuite compléter le traitement.

Quels signes doivent pousser à consulter ?

Tout changement d’aspect du testicule doit pousser à consulter un médecin, même s’il n’y a pas de douleur (ces symptômes peuvent être bénins).

Habituellement, le cancer du testicule se manifeste par :

  • l’apparition d’une masse dure et indolore

  • un volume augmenté du testicule

  • l’augmentation du volume des seins

  • des douleurs lombaires (en cas de métastases)

Comment est établi le diagnostic ?

En cas de masse suspecte, le médecin prescrit une échographie des deux testicules. Si la suspicion de cancer est renforcée par l’échographie, le bilan est complété par le dosage de différents marqueurs tumoraux (α foetoprotéine, hCG totales et LDH), dont le taux est corrélé à l’évolution de la tumeur.

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Le cancer de la verge et de l’anus

Ces deux cancers sont exceptionnels puisqu’ils représentent moins de 1 % des cancers masculins.

Le cancer du pénis est dans la majorité des cas de petite taille et ne se propage pas au reste du corps. Les chances de survie sont alors bonnes.

De son côté, le pronostic du cancer de l’anus dépend de la taille de la tumeur. 64 % des personnes ayant reçu un diagnostic de cancer de l’anus survivront au moins 5 ans.

Dans les deux cas, ces cancers peuvent nécessiter des traitements lourds. Or ces maladies peuvent être évitées puisqu’elles sont majoritairement liées à l’infection au papillomavirus humain (HPV) : on retrouve une infection au HPV dans 90 % des cas dans le cancer de l’anus et dans 50 % des cas dans le cancer de la verge.

La possibilité de vacciner les jeunes garçons contre les HPV sexuellement transmissibles représente donc aujourd’hui un moyen de prévention incontournable contre ces pathologies.

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Le cancer du sein

Ce cancer rare fait peu parler de lui. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que le cancer du sein touche un homme sur mille (contre une femme sur 8). Toute modification de l’aspect du sein ou du mamelon doit pousser à consulter un médecin. Le traitement passe le plus souvent par la chirurgie ablative (mastectomie) et l’hormonothérapie.